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ÉTUDES DES CHÂTEAUX ET VINS DE BORDEAUX

Château Lafaurie Peyraguey

Sauternes

1er Grand Cru Classé

dernière mise à jour : mardi 11 mai 2010
 

Château Lafaurie-Peyraguey est un Premier Cru Classé de Sauternes Barsac. Il est situé sur les hauteurs du village de Bommes, au coeur du sauternais.

Le Domaine

La propriété de Lafaurie-Peyraguey date du 17e siècle. Toutefois, les origines du château sont bien plus anciennes puisque les plus vieilles pierres, datant du 13ème siècle, ont été extraites des carrières du Ciron. Son premier propriétaire connu est le Sieur Raymond Peyraguey, installé à Bommes en 1618. La propriété sera vendue en 1742 au Baron de Pichard. Ses nombreux investissements feront de Lafaurie-Peyraguey un domaine pourvu de 30ha, d’un chai comportant 5 pressoirs, deux cuves et de nombreuses autres améliorations. A la Révolution Française le Baron fut guillotiné. Lafaurie-Peyraguey devint bien national et le vignoble fut affermé. En 1796, la République vendra le domaine et ses dépendances à Monsieur Lafaurie qui en fit don à ses fils en 1837.

Dès le classement de 1855, Lafaurie-Peyraguey figure au rang des Premiers crus classés de Sauternes. Le Comte Duchâtel rachète Lafaurie-Peyraguey en 1865 et modernisera la propriété entre 1860 et 1870. Le bâtiment sera transformé, le style architectural actuel étant issu de ces travaux. Le porche d'entrée — datant du 13ème siècle - est considéré comme le plus vieux monument de la commune de Bommes. Après l’invasion du vignoble par le phylloxéra dès 1880 puis du mildiou en 1882, les propriétaires de Lafaurie-Peyraguey durent faire face à une crise importante qui dura une trentaine d'années. Au cours de l’été 1917, un négociant lorrain, Désiré Cordier, achète le Lafaurie-Peyraguey. Après la guerre, Cordier installe à Bordeaux une maison de commerce qui porte encore aujourd'hui son nom. Cette maison assurera, en exclusivité, la distribution des vins du Château Lafaurie-Peyraguey pendant plus de 80 ans. Château Lafaurie-Peyraguey appartient depuis 1985 à la SPFF, une filiale du Groupe Suez.

De 1998 à 2004, un ambitieux programme de rénovation de Lafaurie-Peyraguey a réhabilité l'ensemble des installations, chais et Château. Les bâtiments techniques ont été entièrement rénovés et mis en conformité avec les nouvelles contraintes réglementaires et environnementales. Les chais entièrement climatisés et l'hygrométrie contrôlée autorisent un élevage du Grand Vin dans des conditions optimales.    

À la vigne

Autour du Château Lafaurie-Peyraguey, la composition des sols est complexe, constitué de graves, de graves sablonneuses, d’argiles et de graves argileuses. Un substrat de calcaire et d’alios est également présent sur certaines parcelles. Situé en appellation Sauternes, le vignoble de 36 ha de Lafaurie-Peyraguey, dont 10ha directement autour du château, est finalement assez morcelé puisqu’il s’étend sur les trois communes de Bommes, Fargues et Sauternes. Comme on pourrait s’y attendre avec des parcelles aux sols si distincts, l’approche de travail dans les vignes est très différente selon qu’elles se situent sur graves ou argiles.

Depuis 2005, un enherbement progressif dans les rangs est mis en place afin d’obliger les racines à redescendre en profondeur et redonner vie au sol après quelques années lors desquelles cet aspect avait été négligé. Depuis 2009, les équipes de culture pratiquent un travail de désherbage mécanique sous le pied, ce qui permet aujourd’hui d’éliminer totalement les désherbants et de revenir vers des pratiques culturales plus respectueuses du terroir et de l'environnement. Les vignes de Lafaurie-Peyraguey sont taillées à cots courts, maximum quatre cots à deux yeux. Le domaine pratique des effeuillages vers la fin juin après la floraison et des vendanges en vert fin août, à la fin de la véraison, sur des parcelles plus poussives. Une charge maximale de six grappes par pied assure une bonne ventilation des raisins.

Depuis 2006, des analyses pétiolaires sur les pieds de vigne aident à réguler les apports de fumure et les problèmes de magnésie. L'encépagement est composé de 95% de Sémillon, 3% de Sauvignon et 2% de Muscadelle. La densité de plantation est de 7'000 pieds/ha. L'âge moyen du vignoble et de 35 à 40 ans. Les vendanges s’effectuent par tries successives extrêmement sévères (de 4 à 7 selon les années), en fonction de l’étalement des maturités pratiquées, dans le but de ne cueillir que les raisins qui ont atteint le degré de concentration requis sous l'action de la pourriture noble (Botrytis cinerea). Ceci permet de préserver la précision aromatique recherchée.

Selon le millésime, certaines parcelles sont sacrifiées afin de se concentrer sur celles où se situe le potentiel qualitatif, par lots de parcelles identiques. La récolte s’étend généralement de septembre à novembre avec une équipe de 80 personnes. Des porteurs de paniers passent entre les vendangeurs, puis chaque panier est évalué visuellement par le Directeur Technique pour s’assurer de la qualité du fruit, lequel est ensuite mis dans des comportes (bastes) de 80 litres.

Au chai

Deux tables de tri sont placées avant l’entrée aux chais avant que les raisins soient déversés dans des pressoirs. Lafaurie-Peyraguey utilise deux types de pressoirs : depuis 2006, des pressoirs pneumatiques pour les première et deuxième pressée servent à extraire le jus sous pression, ce qui permet, certaines années, de mieux gérer de « grosses » récoltes (jusqu’à 50 hectolitres) ramassées dans une journée. Les anciens pressoirs verticaux de Lafaurie-Peyraguey, qui cherchent en douceur les arômes des jus de liqueur les plus riches (troisième pressée) sont toujours utilisés aujourd’hui. Les jus s’écoulent par gravité dans un cuvon, puis sont pompés dans des cuves thermorégulées à 12-13°. Un débourbage statique (action de tirer le jus clair) s’effectue le lendemain de la cuvaison. Ce processus permet au jus de gagner en finesse pour la fermentation. Après avoir remonté la température à 20° et mis le vin en barriques de chêne français par lots, la fermentation alcoolique peut débuter pour une durée de 18 à 30 jours selon les lots.

Depuis 2008, Lafaurie-Peyraguey utilise de moins en moins de levures sélectionnées. Pour chaque lot, l’équipe technique essaie de laisser partir tout seul le jus en fermentation, sans apport de levures, sauf si la fermentation n'a pas démarré au bout de 3 jours. L’élevage en barriques, bondes dessus et par lot, se fait sur lies avec des bâtonnages environ deux fois par semaine selon les besoins. Des dégustations régulières déterminent de la nécessité d’effectuer des soutirages et des microbullages en cas de réduction. 18 à 20 mois plus tard, l’assemblage final est fait en cuve avant un collage à la bentonite, puis un retour en barrique.

Avant la mise en bouteille, une stabilisation tartrique est effectuée en cuve à une température de -4° durant une semaine. Ce procédé de stabulation à froid est caractérisé par une hélice qui brasse doucement le vin en filtrant les cristaux. Depuis plusieurs années, la chaptalisation n’est plus pratiquée au Château Lafaurie-Peyraguey, la recherche du taux de sucre étant directement obtenue par un meilleur travail à la vigne. Un dosage de souffre et une filtration garantissent une mise en bouteille sans levure, autrement le vin risquerait de repartir en fermentation.

En bouteille

Château Lafaurie-Peyraguey produit généralement des liquoreux riches, profonds et équilibrés. Domaine très régulier et parfaitement représentatif des grands Sauternes qui vieillissent longtemps. Parmi les gloires du passé, citons les excellents 1983 et 1986 ainsi que le formidable Lafaurie-Peyraguey 1988. Plus proche de nous, château Lafaurie-Peyraguey 1997, 2001, 2003 ou 2008 figurent parmi les réussites indiscutables de l’appellation.

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Château Lafaurie Peyraguey

VINS PRODUITS PAR LA PROPRIÉTÉ

Lafaurie-Peyraguey, Chapelle de Lafaurie-Peyraguey

ÉVALUATION PAR RAPPORT À L’AOC - SAUTERNES

Millésime Note absolue Note relative à l'AOC Ecart type
2008 92.4 102.6 1.15
2007 92.3 101.2 2.61
2006 91.0 101.0 1.61
2005 89.1 99.9 4.6
2004 88.7 102.4 5.4
2003 91.7 101.9 4.01
2002 89.7 101.5 2.93
2001 90.3 102.1 5.74
2000 87.8 103.1 5.3
1999 87.1 102.8 5.29
1998 89.4 101.8 4.62
1997 91.5 102.7 4.68

COMMENTAIRES DE DÉGUSTATION

Alain Bringolf - 03/2009

Goûté à la propriété.
Robe d'un beau jaune soutenu.
Beaucoup de fraîcheur de fruit, mirabelle, citron confit, pâte d'amande, tilleul. Elégantes notes d'élevages (coco).
Complexe en bouche avec une montée progressive, équilibrée tout au long du palais, montrant une très belle vibration. Léger retour d'épices douces et de girofles en seconde partie de bouche. La finale reste sur le registre de la finesse, harmonieuse et racée.
Un liquoreux qui joue la carte de la délicatesse.


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